Critique – 20 août – Janine Jansen – Variations Goldberg

Le Sion Festival | 15 août - 2 septembre 2018 |Valais

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Critique – 20 août – Janine Jansen – Variations Goldberg

Il y a des soirées où tout se conjugue pour amener un grand moment d’émotion. La qualité des artistes, le chef d’œuvre de Bach dans une version très captivante, ont plongé le public dans une concentration rarement ressentie dans un concert, et tout ça, pendant huitante minutes, durée qui aurait pu faire fléchir l’attention à tout moment.

Le pari a été remarquablement tenu par le trio. Avec le souvenir du récital laissé par Janine Jansen l’année dernière, un nombreux public attendait sa nouvelle apparition. La violoniste était entourée par Nimrod Guez à l’alto et Nicolas Altstaedt au violoncelle, des partenaires de très grand niveau qui ont fait preuve des mêmes qualités musicales que l’on connaît à Janine Jansen. Etant en possession de sonorités très belles, avec une grande palette de couleurs et une vaste étendue dynamique, les trois cordes ont fait preuve d’une technique époustouflante permettant de s’engager dans des tempi aventureux qu’on pourrait difficilement entendre dans la version pour clavier. C’est bien là que réside l’intérêt de cet arrangement fait par le violoniste Dmitry Sitkovetsky, la lecture de la musique devient très limpide et les trois voix, grâce à l’intelligence des musiciens ne se confondent jamais. Leur prise de risques a été par moment extrême.

Les Variations Godberg sont souvent considérées comme une œuvre très cérébrale. La subtilité de son écriture, où Bach a montré tout son génie, n’est pas facile à percevoir. Pour cette raison, elle n’est pas souvent programmée dans les concerts. Mais avec l’engagement des musiciens et leur émotion musicale, le public a été pris dans leur communion et leur a manifesté son plaisir.

En résumé, s’il y avait un concert à ne pas manquer cet été, c’est bien celui-là. Il restera pour moi le must d’un été riche en musique.