Critique – 21 août, Janine Jansen

Le Sion Festival | 15 août - 2 septembre 2018 |Valais

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Critique – 21 août, Janine Jansen

La venue de Janine Jansen s’est imposée au public comme un tout grand moment du Festival. En pleine possession de son art, la violoniste a présenté quatre pièces qui lui ont permis de montrer toutes les facettes de son talent. La sonate de Janacek, rarement jouée, a été pour beaucoup une découverte. Ecrite sur une idée encore très romantique, elle donne au violon des interventions courtes en réponse au piano. Janine Jansen a souligné les contrastes parfois avec des attaques incisives ou avec un lyrisme très prenant. Sa sonorité est d’une grande beauté, jamais forcée, avec une palette de couleurs très variées qui donne une expression extrême dans toutes les nuances.  En abordant la Fantaisie de Schubert, la violoniste utilise un son plus charnu pour s’adapter au style du grand duo qui met le piano souvent au premier plan (parfois trop), elle montre ainsi une grande intelligence musicale. En deuxième partie, le Poème de Chausson a été rendu dans un climat fait d’intériorité qui a donné toute l’ampleur de la poésie de cette pièce. Enfin la sonate de Ravel a permis à l’artiste de donner les expressions sensuelles du premier mouvement pour amener le Blues au deuxième et une brillance particulière dans le troisième enlevé de façon diabolique.

Itamar Golan a très bien mis en valeur sa partenaire. En restant dans les demi-teintes, il a créé un beau climat dans le poème de Chausson. Artiste complet, il a lu trois de ses poèmes au début de chacune des parties, gardant ainsi le fil rouge du Festival, voix – violon.
Le public fait une ovation aux deux artistes qui ont encore généreusement donné deux bis : « Après un rêve » de Fauré, dans une atmosphère intime, et « Souvenirs de Vienne » de Kreisler.