Critique – 22 août, Gidon Kremer, Kremerata Baltica, Saisons

Le Sion Festival | 15 août - 2 septembre 2018 |Valais

Kremerata Baltica (c) Damil Kalogjera klein

Critique – 22 août, Gidon Kremer, Kremerata Baltica, Saisons

Au premier des concerts de la Kremerata Baltica avec Gidon Kremer sur le thème des saisons, se succèdent deux œuvres inspirées par celle de Vivaldi. Les saisons russes de Leonid Desyatnikov reprennent la forme de quatre concertos pour violon et cordes, auquel s’ajoute des poèmes chantés précédents les concertos. Son œuvre fait la part belle aux thèmes populaires avec une musique fondée sur les rythmes typiques du pays. La musique de Philip Glass est en fait un concerto pour violon en quatre mouvements entre lesquels s’intercalent des pièces pour le violon solo. Comme l’écrit le commentateur du programme, on retrouve avec Philip Glass l’un des représentants de la musique dite minimaliste, avec un goût pour la consonance et les ostinatos hypnotiques. En superposition à la musique, sur un écran placé derrière l’orchestre, des images sont projetées suggérant la vie qui passe et la nature qui se transforme.

La Kremerata Baltica est un ensemble très particulier. Sans doute le meilleur des ensembles à cordes du moment, il a développé une identité propre, une cohésion parfaite, une qualité de sonorité très chaleureuse que l’on retrouve dans tous les pupitres. Ce qui est surprenant, c’est l’absence de direction voulue par son chef, depuis son violon, il donne les départs et après chacun joue exactement son rôle dans un ensemble qui ne se perd jamais. Les intentions musicales, les nuances, les changements de tempi se suivent avec un naturel remarquable. Au-dessus la partie du violon est tenue par Gidon Kremer de façon étincelante. Il est entièrement au service de la musique et nous la fait découvrir et sentir avec son art qui le place toujours dans les tous grands violonistes. Olesya Petrova, de sa voix chaleureuse, a donné un élément magique dans ces poèmes semblant venir d’une lointaine tradition.