Semaine 2: Voyages imaginaires par Marie Favre

Le Sion Festival | 15 août - 2 septembre 2018 |Valais

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Semaine 2: Voyages imaginaires par Marie Favre

Après une première semaine de festival intense et réussie, les découvertes musicales se sont poursuivies à Sion, du 24 au 27 août, sous le signe du voyage. Jeudi soir, le récital de Béatrice Berrut et Camille Thomas, à la Ferme-Asile, a ouvert les feux avec une grande élégance, devant un public nombreux et visiblement ravi. Après une première partie pianistique, portée avec profondeur par la jeune pianiste, le dialogue avec le violoncelle a été gage de belles émotions. Quelques Fantasiestücke de Schumann ont préparé les esprits au rêve avec une fausse désinvolture très maîtrisée, puis, les trois pièces de la Jewish Life de Bloch ont emmené le public vers l’Est ; mais c’est la sonate de Fazil Say, en fin de programme, qui a obtenu tous les suffrages. Portrait contrasté et sensible d’une Turquie vivante mais oppressée, dans un langage musical moderne mais aisément compréhensible, truffé d’effets, la sonate a permis aux deux jeunes femmes de montrer leur virtuosité, leur sens du théâtre et leur belle finesse.

Vendredi, cap sur le pays basque en compagnie des sœurs Labèque ; accompagnées de l’ensemble Amoria, les deux musiciennes ont une fois de plus su gagner leur public en proposant un pont entre musiques savantes et populaires. Une adaptation très réussie du boléro de Ravel, pour deux pianos et percussions, a tenu le public en haleine lors d’un fascinant quart d’heure. Les chanteurs basques ont terminé le concert à voix nues, lors d’un bis poétique rappelant au public du Crochetan qu’il fut un temps où l’on invoquait la lune avant de partir à un rendez-vous amoureux…

Samedi soir, après une joyeuse journée de « marathon musical » dans les rues de la ville, le festival a retrouvé la Ferme-Asile pour une nouveau concert sous l’enseigne « touches valaisannes » ; Olivier Cavé en était l’hôte. Sa lecture intelligente de deux concertos pour piano classiques (Mozart et Haydn), d’une admirable limpidité, a offert un beau moment de musique ; effacé derrière sa partition, lui donnant toute la place avec une modestie très habitée, le pianiste a été salué par les applaudissements nourris d’un public conquis. En seconde partie, Pavel Vernikov et Svetlana Makarova ont rejoint l’Ensemble des Solistes du Bolchoï pour un pasticcio enlevé sur le thème de Roméo et Juliette – plaisir pour le public de voir le directeur artistique du festival sur les planches !

Dimanche à 11h, un chaleureux concert des familles a accueilli avec bonheur la présence de nombreux enfants. Le très imaginatif Ensemble Janoska a fait résonner les parois de sa « passion russe » – au son infiniment viennois. Beaucoup de virtuosité et de charme pour ce programme à la fantaisie lumineuse et, parfois, violente.

Dimanche soir, les Solistes du Bolchoï ont mis un point final à cette deuxième semaine de festival en jouant un programme intégralement russe. La voix claire de la soprano Alina Yarovaya a porté avec souplesse quelques mélodies de Tchaïkovski et Rachmaninoff, terminant avec douceur ces quelques jours de musique. Mais la fête n’est pas finie et une troisième semaine nous attend de pied ferme. Mardi soir, la finale du concours de violon permettra d’entendre la jeune génération au travail. Puis, la programmation sera riche et variée, grâce à Vilde Frang et Janine Jansen :  l’octuor d’Enescu (mercredi), divers trios russes (vendredi), le concerto de Bartok (samedi) ; la Staatskapelle Weimar fera également les honneurs de sa présence au festival et ce sera elle qui clôturera, avec énergie et sourire, cette édition 2017 !