Janine Jansen solo & trio

Le Sion Festival | 16 août - 3 septembre 2017 |Valais

Janine Jansen solo & trio

  • Date: 01 - Sep - 2017
  • Heure: 20:00
  • Lieu: Ferme Asile, Sion
  • Salle: Janine Jansen solo & trio
  •  Billetterie

Musique Russe

  • Janine Jansen, violon
  • Torleif Thedeen, violoncelle
  • Alexander Gavrylyuk, piano

Chostakovitch, Prokofiev, Rachmaninov

La Russie n’est pas avare en talents musicaux. Le XXe siècle, en particulier, verra de grands artistes créer un répertoire exigeant. Cette musique souvent violente se veut tantôt échappatoire et tantôt commentaire de la réalité politique brutale de cet immense pays traversé en quelques années par une révolution, une guerre et une dictature. Ainsi des trois œuvres de ce programme qui partira de la fin de XIXe siècle pour s’achever en pleine guerre mondiale.

Après un premier trio élégiaque composé à l’âge de dix-neuf ans, Rachmaninoff en récrit un second quelques années plus tard, à l’automne 1893, suite au choc que représente pour lui la mort de Tchaïkovski. Composée en ré mineur, tonalité du deuil, l’œuvre se présente à la manière d’un tombeau de l’illustre aîné, répondant à une structure traditionnelle en trois mouvements (moderato – allegro vivace, thème et variations et finale). Entre ce trio encore très marqué par une esthétique romantique et le premier, en do mineur, de Chostakovitch, la Révolution d’octobre 17 a eu lieu.

En 1923, Dmitri Chostakovitch est encore étudiant et compose pour des amis son premier trio, constitué d’un seul long mouvement ; les temps sont encore à la jeunesse, à l’enthousiasme des lendemains qui chantent et aux élans du cœur. C’est en effet à la jolie Tatyana Glivenko, rencontrée lors d’une cure de santé en Crimée, qu’est dédiée la pièce. Le jeune compositeur ne peut alors imaginer dans quelles dramatiques extrémités totalitaires son pays est en train de sombrer par paliers. Quelques années plus tard, devenu un observateur grinçant et lucide du régime soviétique, il reniera ce style de sa jeunesse, auquel le trio appartient clairement – dans la filiation du Rachmaninoff précédent: on n’aura plus le droit d’écrire ainsi aux temps des purges staliniennes.

Un peu plus de vingt ans séparent le trio en do de Chostakovitch de la sonate de Prokofiev – vingt ans et une guerre ; datée de 1942, cette seconde sonate pour violon et piano, arrangement du compositeur sur la base d’une précédente sonate pour flûte, est marquée par le contexte lourd dans lequel elle est conçue. C’est à Perm, dans l’Oural, dernier bastion de liberté relative pour les artistes, que Prokofiev la termine. Elle oppose au chaos du monde contemporain l’ordonnance très classique de quatre mouvements dans la lignée de la grande tradition chambriste (premier mouvement en forme-sonate, suivi d’un scherzo vif, d’un mouvement lent et d’un grand finale). Une veine plus positive éclaire toutefois l’œuvre. C’est en effet pour le grand virtuose David Oistrakh que Prokofiev compose la partie de violon qui, en conséquence, regorgera de difficultés techniques mais également de moments d’intense lyrisme.

C’est donc à une traversée russe de la première moitié du XXe siècle que nous invite ce programme d’une grande teneur dramatique.

 

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