Roberta Invernizzi & Accademia Hermans

Le Sion Festival | 18 août - 3 septembre 2017 |Valais

Roberta Invernizzi & Accademia Hermans

  • Date: 19 - Août - 2017
  • Heure: 20:00
  • Lieu: Ferme Asile, Sion
  • Salle: Roberta Invernizzi & Accademia Hermans
  •  Billetterie

Soirée Baroque

  • Roberta Invernizzi, soprano
  • Accademia  Hermans

Georg Friedrich Händel (1685-1759)

Lotario HWV 26 (1729) 

  • « Scherza in mar la navicella », Adelaide

Alcina HWV 34 (1735)

  • « Ah mio cor, schernito sei!  », Alcina

Berenice HWV 38 (1737)

  • “Traditore, traditore“ Berenice

Trio sonata HWV 391 Andante, Allegro, Arioso, Allegro
(Duo de violon et théorbe)

Giulio Cesare HWV 17 (1724)

  • Ouverture, Cleopatra
  • Tu la mia stella sei, Cleopatra
  • Piangerò la sorte mia, Sinfonia bellica, Cleopatra
  • Da tempeste il legno infranto, Cleopatra
  • Che sento oh Dio, Accompagnement
  • Se pietà di me non senti

Leurs noms eux-mêmes sont, déjà, musique ; ils sont « doux et sonores » et convoquent le souvenir de nobles dames du temps passé, voire de lointaines légendes : Adélaïde, Cléopâtre, Bérénice, Alcine… Toutes sont sorties de vieux livres d’histoire ou des pages merveilleuses de la Jérusalem délivrée. Elles dressent ensemble une cartographie de la royauté baroque au féminin. Les mêmes passions qui agitent leurs homologues masculins les bouleversent et les déchirent : la gloire et l’amour, souvent en concurrence, sont la cause principale de leurs tourments brutaux. Les situations et les émotions sont portées à un point d’incandescence autorisé par les hautes fonctions des personnages et leur grande noblesse. Toutes les possibilités de cette combinaison théâtrale qui a fait ses preuves (le pouvoir et l’amour) sont exploitées par les librettistes et les musiciens du temps.

Adélaïde la burgonde, reine magnanime, pardonne aux ennemis qui ont comploté contre elle après avoir assassiné son époux. Cléopâtre, la plus célèbre d’entre elles, séduit César à des fins politiques mais se prend à son propre piège et découvre mais trop tard qu’il est dangereux de hasarder ainsi son cœur.  Bérénice, autre femme de caractère, tour à tour tempête et pleure– ah ne puis-je savoir si j’aime ou si je hais. Elle est bien racinienne en effet quoi que n’étant pas la princesse orientale du poète français mais une reine égyptienne pleine de hauteur.

Alcina enfin, sublime magicienne, se conserve l’amour du chevalier Ruggiero par ses sortilèges après avoir changé toute sa suite en animaux étranges ou en végétaux.

Le grand opéra séria du dernier baroque, dans lequel Haendel excella, est un terrain idéal pour donner la parole à de telles héroïnes ; il se plaît en effet à mettre en scène, avant tout, des voix. Le chant y est premier, au détriment souvent de l’action dramatique et l’aria y règne en maître : tandis que des récitatifs de plus en plus brefs et incisifs permettent à l’intrigue d’avancer tant bien que mal, les airs solistes, se succédant en nombre, arrêtent le récit pour mieux laisser les personnages analyser ou commenter leur situation. Point ici de psychologie nuancée : les émotions y sont non diluées, brutes et violentes. La question n’est pas de montrer les mouvements subtils d’un esprit changeant mais d’aller le plus loin possible dans l’expression radicale d’un sentiment donné. Toute une typologie existe, mise en place peu à peu au cours des cinquante dernières années du XVIIe siècle : airs de bravoure, airs de fureur ou airs de désespoir se suivent ainsi, cherchant toujours de nouveaux moyens à mettre en œuvre dans cette peinture excessive du cœur humain.

 

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