Solistes du Bolchoï & Alina Jarovaja

Le Sion Festival | 18 août - 3 septembre 2017 |Valais

Solistes du Bolchoï & Alina Jarovaja

  • Date: 27 - Août - 2017
  • Heure: 17:00
  • Lieu: Ferme Asile, Sion
  • Salle: Solistes du Bolchoï & Alina Jarovaja
  •  Billetterie

Musique Russe

  • Alina Jarovaja, soprano
  • Solistes du Bolchoï

Oeuvres

  • Piotr Ilitch Tchaïkovsky (1840-1893)
    • Ouverture dédicacée à Rubinstein (pièce de jeunesse sans opus)
    • Romances
    • Pezzo capriccioso
  • Igor Stravinsky (1882-1971), Dumbarton Oaks
  • Anton Arensky (1861-1906), Quatuor op. 35 sur un theme de Tchaikovsky (arr. Nikita Suhih )

Que faire pour célébrer avec éclat trente ans de vie commune ? Les époux Bliss, riches mécènes américains basés à Washington DC, apportent à cette question une réponse originale ; ils s’offrent en effet, pour leur anniversaire de mariage, une création musicale. La commande en est passée à Igor Stravinsky, qui compose pour l’occasion Dumbarton Oaks, concerto de chambre dans le style néo-classique qu’il pratique alors. L’œuvre emprunte son nom à celui d’une charmante propriété, possession des époux, entourée de jardins (elle y est d’ailleurs créée le 8 mai 1938, sous la direction de Nadia Boulanger). Marqué par une simplicité élégante et une grande clarté, Dumberton Oaks est fortement influencé, dans sa structure – mais également dans ses thèmes – par les Brandebourgeois de Jean-Sébastien Bach. Toutefois, comme souvent dans le répertoire néo-classique de Stravinsky, l’instrumentation, lumineuse et inventive, confère une fraîcheur absolue à ce qui pourrait n’être qu’un exercice de style. Trois mouvements vifs (Tempo Giusto, Allegretto et Con Moto) s’enchaînent, sans interruption – créant de ce fait un flux mélodique souple et joyeux.

A cette joie légère s’oppose la douleur exacerbée du Pezzo Caprizzioso de Tchaikovsky. Pièces de démonstration très virtuoses, au caractère brillant (dont l’exemple le plus caractéristique serait le recueil de Paganini), les caprices musicaux sont souvent des pièces sans épaisseur dramatique, allant comme au hasard d’instant en instant. Le Pezzo Caprizzioso, exigeant sur le plan technique, possède du Caprice la théâtralité mais vient contredire son intitulé par une profondeur inattendue dans une pièce de ce type. Composée en 1887, dans un contexte personnel troublé (plusieurs amis proches du compositeur sont en effet alors gravement malades), l’œuvre est de manière significative écrite en si mineur – même tonalité que celle de la symphonie pathétique. Le violoncelle solo y fait entendre une voix inquiète, dont le dialogue serré avec l’orchestre se révèle d’une assez grande noirceur. Plus solennelle et moins sombre, l’ouverture dédiée à Rubinstein viendra mettre en lumière une autre facette de l’art de Tchaikovsky. Un choix de romances, enfin, illustrera sa veine chambriste, plus retenue et plus intime.

C’est en hommage à ce Tchaikovsky multiple mais toujours profondément humain qu’Anton Arensky compose son quatuor op.35, l’année suivant la mort de l’illustre aîné. Basé sur un thème tiré du 5e des « seize chants pour enfants » de Tchaikovsky, l’œuvre se déploie sous la forme de variations, comme autant de pensées bienveillantes et émues entourant le défunt. L’arrangement pour orchestre est ici signé Nikita Suhih.