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Amnon Weinstein et les Violons de l'Espoir

Photos Lucille Reyboz © CR/Bluepress


LES VIOLONS DE L’ESPOIR : à la recherche des violons perdus...

Depuis une dizaine d’années, Amnon Weinstein, ce sculpteur d’érable aux doigts d’or et aux épaisses moustaches, est parti à la recherche des violons survivants d’une guerre indéfinissable d’horreurs. Il se mit alors à parcourir l’Europe, les marchés insolites des grandes capitales, les entrepôts de l’armée américaine, les caves des municipalités. Certains violons récupérés par Weinstein datent des années 1800. Issus de familles Klezmer, originaires d’Europe centrale, issus d’Auschwitz, de ghettos de Varsovie, d’artisans juifs de Pologne, d’Ukraine ou de Russie, ces violons sont passés de mains en mains, brillants sur des scènes de concerts, ternis par la pluie et le froid des rues, faisant danser dans les mariages et accompagnant les souffrances de la vie.

Outils de virtuosité ou instruments de survie, ces violons furent trouvés presque tous entièrement détruits après l’enfer des camps et des ghettos libérés. Comme animé d’un savoir magique, Amnon Weinstein a raboté, poli, peint, collé, pour parvenir à une transformation incroyable : transformer 71 morceaux de bois d’essence rare en violon, l’instrument « noble », l’instrument des sens par excellence.

Il a parfois fallu des années à Amnon Weinstein pour décrypter l’histoire d’un violon. Certains resteront muets à jamais… D’autres ont accepté de livrer leur histoire. Comme celui trouvé au pied d’un mirador d’Auschwitz sous les barbelés, qui appartenait à l’orchestre des hommes ou des femmes des détenus juifs avant d’être déposé par un soldat américain dans un entrepôt militaire. Certains encore ont été conservés à l’insu de tous dans des maisons du ghetto de Varsovie ou cachés dans les forêts d’Europe centrale.

Les « Violons de l’Espoir », s’ils retracent une histoire douloureuse, lancent un appel à la musique, à la joie de vivre, au bonheur d’aimer et de partager, à l’insouciance de la fête et à la profondeur du cœur. Ils écrivent les lettres d’or d’un avenir bordé d’amour, de paix et de générosité.

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